Section IUne vie

Résultat de plusieurs années de recherches minutieuses, notre biographie exhaustive de Richard Wagner rassemble la plupart des informations connues à ce jour sur la vie du compositeur de la Musique de l’Avenir. Ces informations proviennent notamment des propres écrits du compositeur, ainsi que de correspondances et informations recueillies par les témoignages écrits de ses proches.

Réparties en neuf périodes, chacune de ces sections permet d’accéder à la chronologie complète, année après année, du compositeur.

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1851

10 janvier 1851
Le manuscrit original d’Opéra et drame est achevé.
Dans ce texte fondamental à la dramaturgie wagnérienne, Richard Wagner y parle du rapport nouveau entre art poétique et art musical au sein du “drame musical” (on ne parle désormais plus d’ “opéra” à proprement parler), mais également de l’importance du mythe fondamental ainsi que du “motif conducteur” (que l’on appellera par la suite leitmotiv, bien que la dénomination ne soit pas de Wagner lui-même), véritable organe vital de la composition musicale.
Richard Wagner donnera plusieurs lectures de cet ouvrage littéraire, fondateur de son art, au cours de douze soirées à Zurich.

MVRW Oper und Drama

17 avril 1851
Richard Wagner termine la rédaction d’un opuscule littéraire Un théâtre à Zurich, où le compositeur et dramaturge défend sa propre vision des représentations théâtrales, indépendantes du modèle parisien. Cet opuscule paraîtra à l’issue des soirées que le compositeur et dramaturge organise à l’hôtel Baur au Lac en février 1853, la popularité de Richard Wagner à Zurich ainsi que ses idées nouvelles concernant les représentations théâtrales trouvant enfin un écho dans la société zurichoise ainsi qu’auprès des intellectuels qui y sont présents.

Entre le 3 et le 10 mai 1851,
Richard Wagner rédige la première esquisse du scénario du Jeune Siegfried (qui sera rebaptisé par la suite Siegfried).

Entre le 24 mai et le 1er juin 1851,
Richard Wagner compose le scénario en prose du Jeune Siegfried.

Entre le 3 et le 24 juin 1851,
Richard Wagner compose d’un trait le livret du Jeune Siegfried. Le livret est achevé le 24 juin 1851.

2 juillet 1851
Richard Wagner note brièvement le thème de la Chevauchée des Walkyries sur une feuille d’album. Il ne reprendra celle-ci que bien plus tard.

Juillet-août 1851
Richard Wagner rédige Une Communication à mes amis (Eine Mitteilung an meine Freunde), préface autobiographique à l’édition des poèmes du Vaisseau fantôme, Tannhäuser et Lohengrin. Le manuscrit est achevé à la mi-août 1851.
NB : Certains passages autobiographiques de cette Communication dans lesquels le compositeur s’exprime et raconte quelques événements marquants de son enfance et de son parcours musical serviront de base à la rédaction de son autobiographie complète Ma Vie (Mein Leben).

Septembre 1851
Alors que Richard Wagner, malade, est en cure à l’établissement hydrothérapique d’Albisbrunn, dans le canton de Zurich, Minna dirige les opérations de l’emménagement au n°11 du Zetlweg, rez-de-chaussée.

12 octobre 1851
Dans une lettre à Theodor Uhlig, Richard Wagner écrit “Pour ce qui est du Siegfried, j’ai encore de grands projets en tête : trois drames avec un prélude en trois actes”. Pour la première fois, Richard Wagner élabore la construction de La Tétralogie dans son ensemble, en partant de la fin : La Mort de Siegfried.
Mécontent de ne pas s’être pleinement exprimé dans les deux “épisodes” que constituent Le Jeune Siegfried et La Mort de Siegfried, Richard Wagner plonge dans les sources (l’épopée des Nibelungen) afin d’exposer de la manière la plus complète possible la complexité de l’action de La Tétralogie.
Il esquisse les premières bases de L’Or du Rhin puis de La Walkyrie. Pour ce dernier, le titre original est Siegmund et Sieglinde : la punition de La Walkyrie (Siegmund und Sieglinde : der Walküre Bestrafung)

Octobre 1851
Karl Ritter vient à Albisbrunn rendre visite à son ami Richard Wagner. Julie Ritter, sa mère, lui alloue une pension annuelle de 800 thalers, que le compositeur recevra jusqu’en 1859.

Entre les 3 et 11 novembre 1851,
Richard Wagner esquisse le scénario en prose de L’Or du Rhin.

Entre les 11 et 20 novembre 1851,
Richard Wagner esquisse le premier brouillon en prose de l’action de La Walkyrie.

23 novembre 1851
Richard Wagner revient de sa cure à Albisbrunn à Zurich.

A partir du 17 décembre 1851 jusqu’à la fin de l’année,
Dans plusieurs lettres (à Herwegh, Ritter, Kietz), Richard Wagner témoigne de sa volonté d’abandonner (provisoirement ?) ses aspirations politiques afin de ne plus se consacrer qu’à l’art : la littérature et la musique. Il exprime un profond dégoût de la société européenne enracinée dans une histoire que même les révolutions les plus radicales ne parviendraient pas à changer.
Richard Wagner parle également pour la première fois de l’Amérique, “non pas que je sois sûr d’y trouver ce qui est juste et bien, mais parce qu’on peut y planter plus facilement” (lettre à Ernst Benedikt Kietz).

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