Section IUne vie

Résultat de plusieurs années de recherches minutieuses, notre biographie exhaustive de Richard Wagner rassemble la plupart des informations connues à ce jour sur la vie du compositeur de la Musique de l’Avenir. Ces informations proviennent notamment des propres écrits du compositeur, ainsi que de correspondances et informations recueillies par les témoignages écrits de ses proches.

Réparties en neuf périodes, chacune de ces sections permet d’accéder à la chronologie complète, année après année, du compositeur.

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1863

1er janvier 1863
Deuxième de la série des concerts viennois au Theater an der Wien (le premier de la série a été donné le 26 décembre 1862). Malgré le succès musical, c’est un nouvel échec financier et Wagner est plongé dans un état de profond abattement.

11 janvier 1863
Troisième de la série des concerts viennois au Theater an der Wien. Au programme de celui-ci figure notamment Une Ouverture pour Faust. Les applaudissements dans la salle sont nombreux mais une partie de la critique viennoise oppose clairement son désaccord. Devant le déficit énorme des trois concerts, un certain nombre d’aristocrates se cotisent pour couvrir les frais de celui-ci.

PORGES-Heinrich5 février 1863  
Richard Wagner arrive à Prague en vue d’y diriger un concert que lui a organisé le musicologue et chef des chœurs Heinrich Porges.

8 février 1863  
A Prague, Richard Wagner dirige un concert comprenant une symphonie de Beethoven ainsi que quelques-unes de ses propres œuvres. Le concert lui rapporte la somme de 1.100 florins. Dès le lendemain de celui-ci, le compositeur rentre à Vienne.

12 février 1863
De Vienne, Wagner part pour Biebrich où il retrouve son amie Mathilde Maier. Aidé de celle-ci, il se remet en quête d’un logement.

19-24 février 1863
Wagner se met en route pour se rendre à Saint-Pétersbourg dans la perspective de diriger en Russie une tournée de concerts obtenue grâce à son amie Madame Kalergis. Le voyage mène le compositeur de Biebrich à Berlin (où il rend visite aux époux von Bülow) puis à Königsberg et enfin à Saint-Pétersbourg.

A partir du 24 février 1863
A Saint-Pétersbourg, Wagner est l’invité de la Grande-duchesse Hélène Pavlovna.

Entre le 3 et le 10 mars 1863
Les concerts Wagner à Saint-Pétersbourg se tiennent à la Société Philharmonique.

18 mars 1863
Troisième concert Wagner cette fois-ci à l’Opéra Impérial et au bénéfice du compositeur.

19-20 mars 1863
Richard Wagner entreprend un voyage à Moscou où il fait la connaissance de Nikolaï Rubinstein, directeur de la Société Impériale russe de Musique. Il séjournera à Moscou jusqu’au 30 mars.

1er avril 1863  
Wagner est de retour à Saint-Pétersbourg. Dans plusieurs lettres à Minna, il déclare à son épouse être malade et très affaibli : « Je suis surmené au dernier degré et j’ai déjà été malade à deux reprises. Malgré de beaux bénéfices, je suis un peu attristé et soucieux. Je ne peux renouveler des entreprises de ce genre sans me ruiner tout à fait » (lettre à Minna).

5 avril 1863
Richard Wagner commence la lecture devant un petit comité présidé par son hôte la Grande-duchesse Hélène du poème des Maîtres chanteurs de Nuremberg, puis, à la demande de celle-ci, du poème de La Tétralogie. En remerciement, cette dernière offre au compositeur un magnifique diamant.

13 avril 1863
Richard Wagner donne un concert à Saint-Pétersbourg. La recette va directement à son bénéfice.

17 avril 1863
Wagner dirige un concert à Saint-Pétersbourg au profit des prisonniers pour dettes. Dans leur ensemble, ces concerts sont très bien accueillis par le public et la critique. Ils rapportent au compositeur un bénéfice net de 7.000 thalers. À l’issue du dernier concert donné à Saint-Pétersbourg, Wagner, dont les finances ont été un peu renflouées à l’occasion, décide de regagner Vienne.

NB : sur les 7.000 thalers de bénéfices qui résultent des concerts viennois, et après avoir payé ses dettes les plus pressantes, il reste au compositeur un résultat net de 4.000 thalers qui, selon lui, devraient être suffisants pour le mettre à l’abri de toute menace financière. Wagner, hélas, voit « trop grand » : à Vienne il s’installe dans un nouveau logis confortable à Penzing dans la banlieue viennoise et qu’il fait rénover à grands frais (221, Wienstrasse). Pris par une folie dépensière, le compositeur fait aménager, meubler, tapisser le logement sans compter. En outre, il s’arroge les services d’une bonne et d’un couple de domestiques. Vivant à présent dans un luxe ostentatoire et se croyant à l’abri du besoin, Wagner propose à Mathilde Maier de venir vivre avec lui à Vienne. Elle lui demande alors dans un premier temps de divorcer d’avec Minna. La proposition demeure donc sans suite.

Mi-juin 1863
Wagner achève la partition de la première scène de l’acte I des Maîtres Chanteurs de Nuremberg.

18 juillet 1863
Richard Wagner arrive à Budapest pour y diriger une série de concerts.

23 juillet 1863
Premier de la série des concerts dirigés par Richard Wagner au Théâtre National de Pest (Budapest).

28 juillet 1863  
Deuxième de la série des concerts dirigés par Richard Wagner au Théâtre National de Pest (Budapest).

31 juillet 1863
Richard Wagner retourne à Vienne. Il est accompagné par M. von Seebach, « l’aimable ambassadeur de Saxe dont (il) avait fait la connaissance à Paris. » (Mein Leben)

Septembre 1863
Tout ce que Wagner avait gagné d’honoraires en Russie et à Budapest est dépensé. Le compositeur contracte de nouvelles dettes.

Courant octobre 1863
Richard Wagner écrit pour le Botschafter (Le Messager) un article intitulé « Le théâtre d’opéra de la Cour de Vienne » où le compositeur expose « comment réformer entièrement cette institution » qu’il estime « si mal dirigée » (Mein Leben). Selon Wagner (même source), « le bien-fondé de (ses) idées fut reconnu, même par la grande presse. »

31 octobre 1863
Richard Wagner entreprend un voyage à Prague afin d’y diriger une série de deux concerts.

4 novembre 1863
A l’Opéra de Prague, une représentation du Vaisseau fantôme est donnée en l’honneur du compositeur.

theatre-de-Prague5 novembre 1863
Premier des deux concerts dirigés par Richard Wagner à Prague.

8 novembre 1863
Deuxième des deux concerts dirigés par Richard Wagner à Prague.

14 novembre 1863
Richard Wagner dirige un concert à Karlsruhe, en présence du Grand-duc de Bade, de Mathilde Maier, de Betty Schott, du maître de chapelle de Stuttgart, Karl Eckert, de Marie Kalergis ainsi que d’Ivan Tourgueniev. Malgré le changement de dernière minute du baryton qui devait interpréter les adieux de Wotan ainsi que les monologues de Hans Sachs, le concert est un franc succès et le Grand-duc insiste contre l’avis du compositeur pour que ce concert soit repris, une semaine plus tard, en présence de la Reine Augusta, sa belle-mère.
Quelques jours plus tard, Richard Wagner est l’invité de Pauline Viardot qui le reçoit en compagnie de son ami l’écrivain Ivan Tourgueniev que le compositeur rencontre à cette occasion.

19 novembre 1863
Richard Wagner dirige une nouvelle fois le concert qu’il a dirigé précédemment le 14 novembre à Karlsruhe, en présence de la reine Augusta de Prusse la belle-mère du Grand-duc de Bade. Ce second concert est donné « devant une salle presque vide » (Mein Leben). La recette nette de ces deux concerts s’élève  à 100 florins avec lesquels le compositeur s’achète une pelisse. Le Grand-duc de Bade pour sa part lui fait le cadeau solennel d’une tabatière en or renfermant la somme symbolique de quinze louis d’or… que Wagner devra revendre sous peu pendant son séjour à Berlin.

21 novembre 1863
Richard Wagner part pour Zurich où il est pour la dernière fois invité à séjourner dans la propriété des Wesendonck. Il n’est cette fois-ci plus question de prêt d’argent, bien que le compositeur en fasse expressément la demande au couple.

26 novembre 1863
Depuis Zurich, Richard Wagner arrive dans la ville de Mayence où il est l’invité de son ami Mathilde Maier et afin d’y rencontrer l’éditeur Schott.

28 novembre 1863
Richard Wagner arrive à Berlin où il se rend chez le couple von Bülow. Au cours d’une promenade en voiture avec Cosima dans le Tiergarten l’après-midi, le compositeur et l’épouse du chef d’orchestre se seraient avoués leurs sentiments mutuels si l’on en croit la confession que celui-ci fait dans Mein Leben : « dans les larmes et sanglots, nous scellâmes notre confession réciproque d’appartenir uniquement l’un à l’autre. »  (NB : cette phrase issue de Mein Leben a été supprimée dans toutes les éditions antérieures à celle de 1963).

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