Section IIIUne Oeuvre

L’œuvre musicale de Richard Wagner est composée d'opéras ou “drames musicaux” allant des “Fées” (Die Feen) à “Parsifal”. Une présentation détaillée de chacune de ces œuvres majeures est ici associée à un ensemble d'articles thématiques, replaçant celles-ci non seulement dans le contexte de sa vie personnelle mais également dans son contexte social, économique et culturel. Cette section regroupe également l'ensemble des œuvres musicales (hors opéra) et son œuvre littéraire.

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DALANDMVRW DALAND Marti TALVELA

(basse)
Le Vaisseau Fantôme (Der Fliegende Holländer)

 

Daland, le père de Senta pourrait être cette figure tutélaire paternelle empreinte d’humanité, d’affection et de bonté telle que l’incarneront plus tard le Landgrave Hermann, l’oncle d’Elisabeth (Tannhäuser), le Roi Henri l’Oiseleur (Lohengrin), voire le roi Marke (Tristan et Isolde) ou bien encore Gurnemanz (Parsifal).

Pourtant, s’il aime profondément sa fille, il n’hésitera pas un instant à faire preuve de cupidité lorsqu’au cours de sa rencontre fortuite avec Le Hollandais, ce dernier lui proposera un marché peu orthodoxe, à savoir l’échange de sa fille (que le futur épousé ne connaît même pas mais qui a éveillé sa curiosité tant son père lui aura vanté les louanges) contre ses innombrables richesses. Daland, le commerçant, vend-il sa fille ou, Daland le bourgeois satisfait-il plutôt aux exigences de l’époque qui se plaisait aux mariages arrangés ?

Car Daland est un homme « qui sait compter » et en cela, un mariage avec le malheureux et désargenté Erik ne saurait lui convenir.

Totalement étranger aux aspirations spirituelles d’une fille qu’il ne comprend pas (et encore plus aux méandres du maudit qu’est Le Hollandais), Wagner n’hésite pas à faire de ce personnage l’un des rares personnages comiques de la période de ses opéras tragiques. Comme pour mieux montrer encore qu’il est totalement hermétique au drame qui se joue sous ses yeux. Aussi Daland, souvent « noirci » par les metteurs en scène n’en est pas moins avant tout un homme « épouvantablement normal » avec les préoccupations matérielles qui incombent à son rang social ainsi qu’à son rôle de père de famille.

C’est avec Daland et dans ses airs (notamment dans son air à l’acte II « Mögst du mein Kind ») que l’on retrouve dans Le Vaisseau fantôme des traces italianisantes de la musique de Wagner héritées de La Défense d’aimer et des arrangements de La Favorite de Donizetti, WWV62B, réalisés par le compositeur et concomitantes de la composition du Vaisseau fantôme.

Sa voix est celle d’une basse profonde (au contraire du Hollandais dont les accents d’humanité sont rendus possibles et quasi-palpables par son timbre plus clair de baryton-basse) qui ne doit pas craindre de s’abandonner ici aux ornements du bel canto. Un Josef Greindl, un Kurt Moll, un Marti Talvela, par ailleurs rompus aux exigences plus lourdes d’autres rôles du répertoire wagnérien ont su rendre à merveille l’aspect truculent de ce personnage décidément « à part » dans l’oeuvre wagnérienne.

NC.

Sources :
Le Vaisseau fantôme, collection « L’Avant-Scène Opéra », n.30 (2010)
Le Vaisseau fantôme, commentaire de Michel Debrocq, Guide des opéras de Richard Wagner (Fayard, Les Indispensables de la musique, 1988)
 

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