Section IIIUne Oeuvre

L’œuvre musicale de Richard Wagner est composée d'opéras ou “drames musicaux” allant des “Fées” (Die Feen) à “Parsifal”. Une présentation détaillée de chacune de ces œuvres majeures est ici associée à un ensemble d'articles thématiques, replaçant celles-ci non seulement dans le contexte de sa vie personnelle mais également dans son contexte social, économique et culturel. Cette section regroupe également l'ensemble des œuvres musicales (hors opéra) et son œuvre littéraire.

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L’OR DU RHIN

(Das Rheingold)

Prologue au festival scénique L’Anneau du Nibelung
(Der Ring des Nibelungen)
ou La Tétralogie

Créé le 22 septembre 1869 au Hoftheater de Munich,
sous la direction de Franz Wüllner
Créé le 13 août 1876 au Festival de Bayreuth,
sous la direction de Hans Richter

Distribution :
Les Dieux
Wotan (baryton)
Donner (baryton)
Froh (ténor)
Loge (ténor)
Fricka (mezzo-soprano)
Freia (soprano)
Erda (contralto)
Géants
Fasolt (baryton)
Fafner (basse)
Nibelungen
Alberich (baryton)
Mime (ténor)
Les Filles du Rhin
Woglinde (soprano)
Wellgunde (soprano)
Flosshilde (contralto)
Nibelungen (figurants)

Composition de l’orchestre :
16 premiers violons, 16 seconds violons, 12 altos, 12 violoncelles, 8 contrebasses,
7 harpes, 3 flûtes, 1 petite flûte, 3 hautbois, 1 cor anglais, 3 clarinettes, 1 clarinette basse, 3 bassons,
8 cors, 3 trompettes, 1 trompette-basse, 4 trombones, 2 tubas-ténors, 2 tubas basses, 1 tuba-contrebasse,
2 paires de timables, 1 triangle, 1 tam-tam, 1 paire de cymbales, 3 groupes d’enclumes

Durée approximative : environ 2h30



Scène 1
La scène s’ouvre au cœur du fleuve, où jouent les Filles du Rhin. Flosshilde rappelle ses sœurs à l’ordre : elles ne doivent pas perdre de vue leur mission, garder l’Or du Rhin. Alberich, nain repoussant et lubrique, est attiré par les trois Filles. Flosshilde se joint aux railleries de Wellgunde et Woglinde quand il prétend les séduire. Toutes trois excitent son désir, le laissant tour à tour approcher avant de s’esquiver. C’est même Flosshilde qui va le plus loin, jouant le ravissement avant de l’écraser sous d’humiliantes insultes.
L’attention d’Alberich est détournée par un rayon de lumière qui frappe le récif central et l’Or qu’il abrite. Les Filles du Rhin lui révèlent le secret de cet Or magique, qu’il suffirait de forger en Anneau pour gouverner le monde. Leur bavardage apprend aussi au Nibelung que seul celui qui renierait l’Amour pourrait forger cet Anneau. Qui donc renoncerait à l’Amour… Personne, sauf Alberich, persuadé justement de sa laideur absolue et de l’impossibilité d’être aimé. Il abjure l’Amour, vole l’Or, et s’enfuit.

Scène 2
Sur le toit du monde, Wotan contemple la forteresse qu’il a fait construire, enfin achevée. Son épouse Fricka est inquiète : il va falloir régler leur salaire aux Géants bâtisseurs, et l’accord portait sur sa propre sœur, Freia… Pour éviter de payer ce prix, Wotan espère une solution-miracle qui viendrait de Loge, le dieu du feu. Mais Loge tarde à le rejoindre.
Freia est arrivée, avec sur ses pas les Géants Fasolt et Fafner, d’abord prêts à l’emmener puis furieux de constater que Wotan refuse de payer le salaire convenu. Car si Fasolt semble tenir à Freia, Fafner sait qu’elle cultive pour les dieux les Pommes d’or, source de leur jeunesse éternelle. Les deux Géants s’apprêtent à emmener la déesse par la force quand Loge apparaît enfin.
Il explique à Wotan son échec : aucun trésor ne vaut la femme ; aucun trésor ne pourra donc se substituer à Freia. Mais il a appris le vol de l’Or du Rhin, et demande à Wotan de le récupérer pour rendre justice aux Filles du Rhin. La description de cet Or et de son pouvoir intéresse autant les Géants que Wotan. Quand Loge ajoute qu’Alberich a déjà forgé l’Anneau décisif et qu’il suffit de le lui voler, les Géants exigent cet Or pour salaire et emportent Freia en otage. Aussitôt le visage des dieux se fane. Pour récupérer Freia, Wotan part à la recherche de l’Or. Il descend avec Loge par une crevasse jusqu’au domaine souterrain d’Alberich – le Nibelheim.

Scène 3
Sur l’ordre d’Alberich, son frère Mime a forgé avec l’Or un Anneau et un Heaume magique, qui transforme à volonté l’apparence de celui qui le porte. Alberich en joue cruellement, disparaissant en fumée pour mieux frapper son frère. Abattu et geignard, Mime accueille Loge et Wotan. Il leur raconte comment les Nibelungen ont été asservis par Alberich et leur décrit les pouvoirs de l’Anneau et du Heaume.
Quand Alberich revient, il reconnaît les dieux mais les raille sans gêne au nom de sa nouvelle puissance. Il vante même la magie de son Heaume et, pour en démontrer l’étendue, se transforme d’abord en dragon puis – à la demande maligne de Loge – en crapaud. Alors, Wotan et Loge n’ont aucune peine à le capturer. Ils lui ôtent son Heaume et l’emportent avec eux sur le chemin du retour.

Scène 4
Revenus à la surface, Loge et Wotan rançonnent Alberich : son trésor, contre sa liberté. Convoqués par leur maître, les Nibelungen livrent aux dieux tout son Or. Wotan réclame aussi le Heaume, puis l’Anneau. C’en est trop pour Alberich. Quand on lui arrache l’Anneau, il se venge par une malédiction : quiconque le possédera désormais sera voué au malheur et à la mort. Enfin libre, il s’enfuit.
Les Géants reviennent avec Freia. Son corps doit servir de mesure à la somme d’Or nécessaire pour les payer. Alors que tout le trésor est accumulé, Fafner s’approche et aperçoit encore les cheveux de Freia : il exige le Heaume pour masquer l’ouverture. Fasolt voit aussi briller les yeux de la déesse, mais Wotan refuse d’ajouter l’Anneau. Les Géants ont beau menacer d’enlever Freia, il persiste. Seule l’apparition de la déesse-prophétesse Erda, qui lui rappelle la malédiction attachée à l’Anneau et lui annonce le crépuscule de sa race divine, le fait céder et livrer l’Anneau aux Géants.
Ceux-ci se précipitent sur le trésor et se disputent avidement l’Anneau. Premier effet de la malédiction d’Alberich : Fafner tue Fasolt, empoche le tout et s’éloigne. Les dieux se dirigent alors vers leur forteresse, que Wotan dénomme Walhalla. Seul Loge se tient à distance, ironique, tandis qu’au loin les Filles du Rhin se lamentent sur leur Or volé et l’hypocrisie du monde d’en haut.

logo-avantsceneopera-large Chantal CAZAUX

Texte extrait de L’Avant-Scène Opéra n°227.
© L’Avant-Scène Opéra, Paris 2005
Pour en savoir plus, nous vous recommandons la revue « L’Avant-scène Opéra » (cliquez ici)

Prélude
Apparition de l’Or (scène 1)
Interlude : Nibelheim (scènes 2/3)
Capture d’Alberich (scène 3)
Retour de Freia (scène 4)
Malédiction d’Alberich (scène 4)
Prophétie d’Erda (scène 4)
Scène de Donner (scène 4)
Scène finale : le Walhalla (scène 4)

 

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– « L’Or du Rhin, la genèse d’un monde »
Écrit autobiographique de Richard Wagner sur l’inspiration du prélude de L’Or du Rhin à La Spezia (septembre 1853)
Durant les années 1850, au cours de son séjour à Zurich, Richard Wagner – alors exilé d’Allemagne – déborda d’une énergie créatrice concentrée sur l’écriture, la poésie, la versification, les ébauches de ses futurs drames musicaux, la rédaction de plusieurs  essais, allant même jusqu’à s’essayer à la philosophie.  (lire la suite…) NC

 

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