Section VIls ont créé Wagner et le mythe wagnérien

Cette section présente une série de portraits biographiques de ceux qui ont contribué, d’une manière ou d’une autre, à l’édification de l’œuvre wagnérienne. Des amitiés ou des inimitiés parfois surprenantes ou inattendues, des histoires d’amour passionnées avec les femmes de sa vie, parfois muses et inspiratrices de son œuvre, mais également des portraits d’artistes (chanteurs, metteurs en scène, chefs d’orchestre…) qui, de nos jours, se sont “appropriés” l’œuvre du compositeur et la font vivre différemment sur scène.

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BÖHM Karl 

(28 août 1894-14 août 1981)
Chef d’orchestre

S’il naquit aux dernières heures du XIXème siècle, à Graz, le chef autrichien n’en est pas moins un authentique musicien du XXème siècle et l’un des premiers à avoir su donner à l’œuvre de Richard Wagner un visage contemporain.

Karl Böhm étudia le droit avant d’entamer ses études musicales au Conservatoire de sa ville natale de Graz, puis à celui de Vienne, sous la direction d’Eusebius Mandyczewski, l’un des meilleurs amis et collaborateurs de Johannes Brahms. En 1917, il occupe les fonctions de premier assistant chef d’orchestre avant d’occuper celles d’assistant au directeur musical, toujours à Graz, en 1919.

C’est Bruno Walter qui, le premier, reconnut les qualités musicales du jeune chef d’orchestre et qui lui offrit son premier engagement, à l’Opéra d’État de Bavière, à Munich, en 1921. Engagé par la suite à Darmstadt en 1927, puis à Hambourg en 1931, Karl Böhm succèda à Fritz Busch, parti en exil, à la tête du Semperoper de Dresde. Il y occupera la fonction de directeur musical jusqu’en 1942. En 1933, c’est avec Tristan et Isolde que le chef dirigea pour la première fois à l’Opéra de Vienne, quittant ensuite la direction de l’Opéra de Dresde pour venir prendre ses fonctions en tant que directeur musical de l’Opéra d’État de Vienne, à partir de 1943.

S’il était fervent nationaliste, Karl Böhm pour autant, n’adhéra jamais au national-socialisme et ne fut jamais membre du parti nazi ; néanmoins, le musicien ne rencontra pas de problème politique (ni artistique) particulier pendant l’ère du IIIème Reich.

Après la guerre, le chef d’orchestre fut nommé à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Vienne où il se distingua tout particulièrement dans son interprétation des œuvres de Richard Strauss. Régulièrement invité à se produire au Festival de Salzbourg, Böhm dirigeait avec un talent indéniable aussi bien Mozart, Beethoven que Schubert, Brahms ou bien encore Anton Bruckner.

Il faudra cependant attendre 1962 pour que le chef soit invité à se produire au Festival de Bayreuth pour y diriger Tristan et Isolde. Une œuvre à laquelle il apportait une telle transparence et luminosité qu’il la dirigea sur la “Colline Verte’” jusqu’en 1970. Un enregistrement mythique effectué en live réunit, en 1966, Birgit Nilsson, Wolfgang Windgassen et Christa Ludwig.

À la tête des forces orchestrales du Festival, Karl Böhm dirigea Les Maîtres Chanteurs en 1964, puis travailla avec Wieland Wagner pour le dernier Ring de celui-ci, de 1965 à 1967.

En dehors de la “Colline Sacrée”, ce fut notamment grâce à Karl Böhm que les Chorégies d’Orange connurent l’une des représentations exemplaires qui marquèrent profondément les mémoires : le 7 juillet 1973, où le chef dirigea une fois encore Tristan et Isolde avec Birgit Nilsson et Jon Vickers.

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