Section VIls ont créé Wagner et le mythe wagnérien

Cette section présente une série de portraits biographiques de ceux qui ont contribué, d’une manière ou d’une autre, à l’édification de l’œuvre wagnérienne. Des amitiés ou des inimitiés parfois surprenantes ou inattendues, des histoires d’amour passionnées avec les femmes de sa vie, parfois muses et inspiratrices de son œuvre, mais également des portraits d’artistes (chanteurs, metteurs en scène, chefs d’orchestre…) qui, de nos jours, se sont “appropriés” l’œuvre du compositeur et la font vivre différemment sur scène.

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20264597_1978646652366417_8501215183831723983_nMichael VOLLE

(né en 1960 à Freudenstadt, Forêt-Noire, Allemagne)

Baryton-basse

Michael Volle ne pouvait échapper au destin d’artiste auquel la famille voue la carrière de ses enfants : ses propres frères mèneront en effet une carrière d’acteur (Harmut) ou bien encore, comme lui-même d’ailleurs, d’artiste lyrique (Dietrich).
Comme bon nombres de jeunes allemands chez qui on décèle une sensibilité artistique affirmée, le tout jeune Michael Volle fait son tout premier apprentissage du chant parmi les rangs de la chorale de sa petite paroisse de Forêt-Noire. On lui enseigne également les premiers rudiments du violon et ainsi, l’adolescent s’illustres tout jeune, dans les petits ensembles orchestraux de sa région.
A l’heure où l’on se doit d’effectuer les choix qui guideront une vie « rangée » ou bien « moins conventionnelle », il entame tout d’abord une carrière d’enseignant. Vraisemblablement sans très grande conviction, puisqu’en parallèle, à l’âge de 25 ans, il commence de très sérieuses études de chant chant auprès de la Guildhall School, la très prestigieuse école supérieure de musique et d’art dramatique. Londonienne. Après avoir étudié notamment avec Josef Metternich et Rudolf Piernay, Michael Volle remporte une „avalanche“ de premiers prix de concours de chant internationaux (notamment à Genève ou bien encore à Gütersloh, en Allemagne). Immédiatement à l’issue de ces distinctions qui le distinguent parmi les jeunes espoirs de chanteurs, le baryton débute alors sa carrière d’artiste lyrique en 1990 sur la scène de l’Opéra de Mannheim où il signe son premier engagement. Pour autant, le jeune chanteur se produit également sur les scènes lyriques de Bonn, Düsseldorf et Cologne.

En 1997, Michael Volle fait également des débuts particulièrement remarqués à l’Opéra Royal de Covent Garden, pour son interprétation du rôle du Héraut dans Lohengrin. Déjà son premier succès chez Wagner.

Michael Volle intègre ensuite la troupe de la Staatsoper de Bavière à Munich, au cours de la saison 2007/08. Alors que le baryton se forge son propre répertoire en y interprètant tous les emplois les plus célèbre de sa tessiture (Don Giovanni, Eugène Onéguine, le comte Almaviva, Barak le teinturier ou bien encore le bohème Marcello), c’est bien dans les rôles de baryton wagnérien que Volle révèle au public tout son talent : Kurwenal, Gunther, Beckmesser et surtout Wolfram, des rôles qu’il imprime de cette „marque de fabrique“ unique qui est la sienne, et héritée tant de l’opéra que de l’art de Lied, des rôles qu’il interprète année après année et dans lesquels il se montre tout simplement… insurpassable.
Preuve en est sa première invitation (en 2007) à se produire sur la prestigieuse scène du Festival de Bayreuth, où il y il fait des débuts remarqués dans le rôle (particulièrement exigeant) de Beckmesser dans Les Maîtres chanteurs de Nuremberg (mise en scène de Katharina Wagner). Il y sera réinvité dès l’année suivante, en 2008, tant son interprétation avait conquis le public. D’insurpassable, l’artiste devient… irremplaçable.

En 2011, Michael Volle est invité à se produire au Festival d’été de la Staatsoper de Munich où on le retrouve dans le rôle du Maître de musique (Ariane à Naxos) et dans celui de Kurwenal (Tristan et Isolde). Cet artiste « boulimique » que rien ne semble arrêter dans son exploration du répertoire wagnérien aborde sans peur (et d’ailleurs sans reproche) de nouveaux challenges, qui lui font gravir un nouveau degré tant de popularité que de prestige dans le répertoire des œuvres de Richard Wagner avec successivement deux prises de rôle majeures : tout d’abord, le Wotan de La Walkyrie sur la scène du Théâtre de la Maestranza de Séville. En 2012, il effectue sa prise du rôle d’Hans Sachs dans Les Maîtres chanteurs à Zurich avant de débuter sur la scène de l’Opéra de Paris dans le rôle de Mandryka dans Arabella de Strauss.
En 2013, il débute à la Scala de Milan dans le rôle de Wotan dans Le Ring de Wagner et effectue encore une nouvelle prise de rôle : celle du Hollandais dans Le Vaisseau fantôme à Berlin.
En novembre 2016, il incarne Wotan à Tokyo dans L’Or du Rhin. Il fit ensuite, en janvier 2017, son grand retour à l’Opéra de Paris dans le rôle de Papageno dans La flûte enchantée de Mozart, puis revient la même année au Théâtre de la Scala pour Les Maîtres chanteurs en mars. En avril, il chantera dans  Le vaisseau fantôme au Metropolitan opera.

Salué tant par le public que par la critique, le chanteur a reçu de nombreuses distinctions comme celle de « chanteur de l’année » (Operwelt, 2008), ou bien encore celle de meilleur chanteur (Opera International Award, 2014). Si c’est la scène et les rôles d’opéra qui occupent principalement aujourd’hui la carrière de Michael Volle, ce dernier ne délaisse pourtant pas l’art du lied : il enregistre plusieurs CD consacré à Schubert et Bach notamment. Son Winterreise (Naxos) ou bien son Schwanengesang (Animato) figurent parmi les enregistrements les plus aboutis, en particulier pour le caractère introspectif qu’il donne des personnages mis en musique par Franz Schubert.

Cet été sur la prestigieuse scène du Festpielhaus de Bayreuth, Michael Volle incarnera Hans Sachs dans la nouvelle production des Maîtres Chanteurs de Nuremberg.

CPL/NC

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