Section VIls ont créé Wagner et le mythe wagnérien

Cette section présente une série de portraits biographiques de ceux qui ont contribué, d’une manière ou d’une autre, à l’édification de l’œuvre wagnérienne. Des amitiés ou des inimitiés parfois surprenantes ou inattendues, des histoires d’amour passionnées avec les femmes de sa vie, parfois muses et inspiratrices de son œuvre, mais également des portraits d’artistes (chanteurs, metteurs en scène, chefs d’orchestre…) qui, de nos jours, se sont “appropriés” l’œuvre du compositeur et la font vivre différemment sur scène.

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Carrie PRINGLEMVRW PRINGLE Carrie

(née le 19 mars 1859 – décédée le 12 novembre 1930)
Soprano

Carrie Pringle, l’ « étreinte de trop  » ? le triste et implacable joug de la Fatalité ? ou le malencontreux fait de hasard ?
Quelles que soient les raisons qui, à leur époque, ont fait coulé tant d’encre, l’infortunée artiste a le triste privilège d’être associée à la mort de Wagner, et ce peut-être bien de manière fort injuste…

Caroline Mary Isabelle Pringle, britannique née en Autriche, passa son enfance entre l’Allemagne et l’Italie. Elle grandit dans une famille qui baignait dans la musique : un père violoniste, une mère pianiste, un frère qui devint compositeur… Lorsqu’à 23 ans elle passa une audition, Wagner lui confia le rôle d’une fille-fleur dans Parsifal.
Elle mena par la suite une carrière irrégulière mais honorable.

A peine mentionnée dans le “Journal” de Cosima (est-ce par ailleurs si anodin ?), Carrie Pringle ne devint réellement célèbre qu’après sa mort. En effet, des décennies après la mort du compositeur, des révélations sont faites : Wagner aurait reçu avec une très (trop ?) aimable considération la jeune artiste qui était venue lui rendre visite en février 1883 à Venise et serait mort d’une attaque provoquée par une dispute avec Cosima, jalouse de cette (galante?) visite à domicile. Cette dispute aurait précipité le compositeur déjà malade dans la tombe. Wagner à peine enterré, Cosima, qui n’avait jamais tu la dispute à Venise au sujet de cette visite pour le moins “délicate” et “embarrassante” aurait fait circuler la rumeur selon laquelle s’il fallait véritablement désigner une coupable à la mort de Wagner, ce n’était autre que … Carrie Pringle ! (naturellement, de ce fait, Cosima se trouvait blanchie de tout soupçon éventuel).

Sur la vie de Carrie Pringle avant “l’époque Wagner”, nous ne savons en fait que peu de choses. Tout au plus qu’elle auditionna en 1881 sur la recommandation de Hermann Levi, qu’elle envoya un télégramme en mai 1882 pour l’anniversaire de Wagner et qu’elle en envoya un de condoléances à Cosima en février 1883.

La seule chose intrigante, c’est qu’elle fut la seule fille fleur de 1882 à ne pas être reprise en 1883 malgré l’esprit de troupe régnant à Bayreuth, ceci relevant apparemment de la décision de Levi.

Mais voilà, des années après la mort de Wagner, après la mort même de la chanteuse, une histoire filtra. On rapporta une déclaration qu’aurait faite en rage par la fille séparée de Cosima, Isolde ; et de cette déclaration supposée, sur fond de bavardages dans la machine à rumeurs de Bayreuth, une légende naquit : Wagner (terriblement malade à ce moment-là) avait eu ou avait espéré une aventure avec Carrie Pringle et Cosima, jalouse, aurait planifié « un accident » au théâtre -la jeune cantatrice devant s’effondrer dans une trappe. En apothéose, Carrie Pringle se serait rendue à Venise, aurait été reçue par le compositeur au Palazzo Vendramin où résidait le couple ; et Cosima ayant découvert l’invitation aurait provoqué une violente dispute ayant conduit à l’arrêt cardiaque du maître.

Faut-il croire en cette fin mouvementée, passionnée finalement comme l’est l’écriture littéraire et musicale de Wagner elle-même ? Ou ne s’agit-il que d’une rumeur extraordinaire ?

Depuis quelques années, de nombreux biographes jettent le discrédit sur cette légende, d’autres s’y accrochent. Il est fort probable  que l’on n’arrivera véritablement jamais à démêler le vrai du faux…

 

SB

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