Section VIls ont créé Wagner et le mythe wagnérien

Cette section présente une série de portraits biographiques de ceux qui ont contribué, d’une manière ou d’une autre, à l’édification de l’œuvre wagnérienne. Des amitiés ou des inimitiés parfois surprenantes ou inattendues, des histoires d’amour passionnées avec les femmes de sa vie, parfois muses et inspiratrices de son œuvre, mais également des portraits d’artistes (chanteurs, metteurs en scène, chefs d’orchestre…) qui, de nos jours, se sont “appropriés” l’œuvre du compositeur et la font vivre différemment sur scène.

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Otto von BISMARCKbismarck

(1er avril 1815 – 30 juillet 1898)
Homme d’état allemand

Comte de Bismarck, puis prince de Bismarck-Schönhausen et duc de Lauenburg, Otto Eduard Leopold von Bismarck est né à Schönhausen, en Poméranie. Son père, Ferdinand von Bismarck était militaire et sa mère Wilhelmine Mencken originaire d’une famille de notables. Il eut une sœur, Malwina (surnommée Malle) avec laquelle il fut très proche.

Après avoir reçu une instruction secondaire classique, il étudia le droit à Göttingen et Berlin,  mais sans assiduité ; il préféra les livres…

À la mort de sa mère en 1839, il prit en charge à contrecœur la gestion du domaine familial. En 1843 il rencontra Marie von Thadden, l’amour de sa vie, mais déjà mariée. Elle mourut prématurément  en 1846. A sa demande, Bismarck épousa sa meilleure amie Johanna von Puttkamer en 1847. De leur longue et heureuse union naquirent trois enfants. Toutefois Johanna s’intéressait peu à la politique, et ce fut plutôt sa sœur Malwina qui joua le rôle de conseillère.

Délégué à l’assemblée des États Provinciaux de Prusse, il se heurta de plein fouet aux mouvements nationalistes et révolutionnaires qui embrasaient l’Europe. Le 19 mars 1848,  le roi Frédéric-Guillaume IV fut même fait prisonnier à la suite d’un accident malheureux. Bismarck, furieux,chercha à obtenir d’Augusta, la reine mère, la Régence ce qu’elle refusa. Il lui en garda une rancune tenace. Suite à cet épisode, il fut un temps écarté de la politique.

Satisfait de la défaite des mouvements révolutionnaires de 1848, il fut élu au Parlement prussien en 1849. Il défendit peu à peu l’idée qu’une nation allemande unifiée derrière la Prusse était un objectif important. Il s’agissait de la réalisation de la vision d’une Kleindeutschland (petite Allemagne) à majorité protestante dominée par la Prusse, par opposition à l’idée de Grossdeutschland, à majorité catholique avec l’Autriche. Or, il savait qu’il n’y avait pas de place en Allemagne pour deux grandes puissances et se rallia donc à la solution Petite Allemagne.

Mettant en œuvre une politique conservatrice et monarchiste en tant que parlementaire prussien (1851), ambassadeur en Russie (1859-1862) et en France (1862), il fut Premier ministre et ministre des affaires étrangères sous Guillaume Ier (1862). Cette dernière fonction lui permit de chercher à constituer des alliances avec la France, la Russie et l’Angleterre.

Bismarck réussit à unifier l’Allemagne en menant une série de guerres. Afin que ces guerres ne dégénèrent pas, Bismarck développa une politique de rapprochement avec la Russie, qu’il jugeait indestructible du fait de sa grandeur, le Second Empire en France et l’Angleterre. À l’intérieur , il devait lutter dans un premier temps contre l’assemblée hostile à sa politique étrangère, mais aussi contre son souverain, qu’il réussit à manipuler.

Il mena des guerre de conquêtes et en 1871, après avoir vaincu la France, Guillaume Ier se fit acclamer Empereur d’Allemagne à Versailles en 1871. L’Empire allemand était proclamé et Bismarck fut Chancelier ( Reichskanzler) du deuxième Reich. Il mit en place un système de protection sociale  (une retraite obligatoire et une assurance santé et accident pour les travailleurs) mais réprima cependant le mouvement socialiste. Il créa la triple Alliance en 1884 et se lança dans une politique coloniale qui, le plaçant en désaccord avec le nouvel empereur Guillaume II, précipita sa chute politique en 1890.

A l’occasion des élections de 1890 où le centre catholique et les sociaux-démocrates réalisèrent tous deux une percée, Bismarck dut se retirer sur les instances du Kaiser Guillaume II.

Il s’éteignit en 1898 à Friedrichsruh.

 

Pourquoi Bismarck n’a-t-il rien fait pour Wagner ?

La création du festival de Bayreuth en 1876 fut le symbole pour la classe politique de la récente unification allemande réalisée par Bismarck. Le chancelier et le compositeur étaient considérés comme les grands représentants de l’Allemagne de leur temps.

Et curieusement, Bismarck et Wagner n’ont fait que se croiser, Bismarck prenant soin de n’avoir aucune relation, ni positive ni négative, avec Wagner.

Les sollicitations du compositeur restaient généralement lettre morte. Une exception en 1875 : Richard Wagner adressa une requête à l’Empereur Guillaume en vue d’obtenir un prêt de 30.000 thalers toujours dans la perspective du Festival de 1876. L’Empereur ainsi que le Chancelier Bismarck furent d’accord pour appuyer cette requête mais exigèrent que celle-ci fasse l’objet d’une proposition ratifiée par le Reichstag. A l’annonce de cette condition, le compositeur préféra retirer sa demande.

La politique de Bismarck étant basée sur les alliances croisées, le chancelier ne souhaitait apparemment pas créer de complication avec le royaume de Bavière…

 

SB

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